Nous avons tous entendu de beaux discours portant sur l'effort consenti sur la lecture publique, sur la priorité de donner les moyens d'apprendre et d'aimer la lecture. Derrière cela, il y a malheureusement une autre réalité. Celle-là représente le quotidien des agents des bibliothèques, qui eux aussi, aiment la lecture publique mais qui aimeraient, en plus, que quelqu’un, là-haut, tout au sommet de l'administration, se soucie, ne serait-ce qu'un peu, des difficultés qu'ils rencontrent au quotidien pour faire "vivre" ce beau concept. La panne d'ascenseur est sans doute l'un de ces soucis rencontrés par les agents...
Très fréquente, elle contraint à durcir les conditions de travail mais expose aussi à la vindicte des usagers irascibles. Et comme si cela ne suffisait pas, il y a le reste... Le reste ? ce sont ces contraintes imposées par le manque de planification des tâches, l'insuffisance des effectifs, l'inadaptation des locaux aux missions qu'on leur assigne.
Exemple piqué au vif dans une médiathèque par les délégués CGT qui témoignent :
Ce jour-là : "Grandes Histoires pour Petites Oreilles" : Heure du conte pour les enfants...
09h30 Arrivée des assistantes maternelles et rangement des poussettes en bas dans le local vélo.
10h00 ouverture au public
10h15 arrivée d’autres assistantes maternelles qui demandent la clé du local vélo pour y mettre leur poussette alors que ce dernier regorge déjà d’autres poussettes.
Coup de main donc des agents pour aider à monter les poussettes de 4 places !
Une autre dame arrive avec une poussette simple et s'énerve du fait que l’ascenseur soit toujours en panne... Impatiente, elle refuse d'attendre l'aide des agents et prend donc en charge sa poussette sous le bras et son enfant à la main. Puis arrive une autre poussette 2 places ...même scénario, la dame encombrée de plus par un sac de livres, râle, puis explique qu’elle a déjà envoyé un courrier à la ville mais qu’apparemment rien ne change.
Puis, il leur faudra redescendre tout cela, après la lecture ...mais en même temps faire le boulot qui leur est assigné dans le cadre de leurs missions propres.
L'EMS peut sans doute se féliciter de disposer d'agents qui ont un tel sens du service public...
Pas certains que les agents, souvent épuisés, puissent se féliciter d'être reconnus pour ces efforts...