Qu'en pense le 1er adjoint ?
Les collectivités locales devront réduire leurs dépenses de 13 milliards d’euros d’ici 2022. C'est en substance ce qu’a annoncé le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin la semaine dernière au Sénat en marge de la première Conférence nationale des territoires.
Cela représente trois milliards de plus que prévu par le programme de campagne d’Emmanuel Macron.
Vous savez comme nous tous qu'au-delà du miroir aux alouettes que représente la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables, cette dernière est une des principales ressources financières des communes. Suite à cette mesure, chaque année, 8,5 milliards n’arriveront plus dans les caisses, selon le chiffrage du ministre des Comptes Publics lui-même.
Et une collectivité qui reçoit moins d’argent, c’est moins de services de proximité, moins d’investissements et aussi moins d’emplois de la fonction publique territoriale. Il n'existe en vérité aucune rupture avec les mesures de Sarkozy ni avec celles de Hollande avec lesquelles les électeurs entendaient visiblement rompre en rejoignant la majorité présidentielle au cours des dernières élections législatives.
Bref la politique d'Emmanuel MACRON se borne comme celles de Hollande ou de Sarkozy à tenter de réduire la dette en réduisant les services publics, c’est-à-dire la qualité de la vie en France. C'est notre patrimoine commun que le Gouvernement est en train de dilapider.
Pendant ce temps, et là non plus aucune rupture avec les politiques déjà menées, le grand patronat bénéficie d’un cadeau inestimable du point de vue de la réforme du droit du travail et des prélèvements sociaux, à l’image des très hauts revenus qui échappent à l’austérité fiscale : 3 milliards d’impôts en moins pour les 3 000 foyers les plus riches...Quelles conséquences cette politique aura-t-elle au niveau de Strasbourg et au-delà de l’Eurométropole ?
Sans doute pour rester bon élève, devrions-nous partager les propos de Gérald Darmanin qui concluait devant le sénat : « Je n’ai aucun doute sur le fait que ce sera dur et aucun doute sur le fait que ce sera long. Les collectivités territoriales doivent prendre leur part à cet effort et cet effort sera globalement important ».
Ou pour échapper à cela nous pourrions toujours à l'instar de certains élus applaudir cette politique à Paris et nous en plaindre à Strasbourg...
Pour la CGT, aucun doute que ce sera dur...mais ça ne sera pas aussi dur pour les plus riches que pour les plus modestes et cela vous le savez. On va continuer à fermer des toilettes publiques, on va supprimer encore des effectifs qui font déjà défaut dans les mairies de quartier, on va continuer à diminuer les horaires d'ouverture dans les quartiers qui ont le plus besoin de la présence des services publics, on va continuer à privatiser allègrement en sachant que ce n'est pas l'emploi qu'on va ainsi privilégier mais la précarité dont le patronat a besoin pour amonceler les profits.
Pour la CGT par contre, il n'est pas si certain que çà soit long, car tout ressort, à force de le compresser finit par revenir à son état initial et, au besoin, en emportant tout sur son passage !