Le tract de l'employeur

Il est intéressant de relever dans le « En-direct » de juillet, l’article « avenir du service public ».
 Pour la direction générale (qui n’applique ici que le nouveau principe politique dégagé par la nouvelle municipalité), l’avenir du service public, la modernité, ce sera obligatoirement moins de fonctionnaires, plus de prestations externalisées au privé !

Faut-il en déduire que pour notre DGS, l’avenir du service public, ce soit paradoxalement…la fin de celui-ci !
Il y a 69 ans, à la sortie de la guerre, le Conseil National de la Résistance posait les bases du pacte social. Dans ce pacte, le service public, gratuit, laïc, d’égal accès a toutes et à tous, partout sur le territoire, était la fondation du vivre ensemble. Certains pensent peut-être « mais c’est vieux tout ça », ou bien, « les choses ont changé, faut progresser ». Mais, en vérité, où est le progrès social pour les salariés : l’hôpital gratuit et accessible à tous pour des soins de qualité n’importe où sur le territoire ou la fermeture des établissements médicaux de proximité ? La retraite à 60 ans avec une pension décente pour toutes et tous, ou bien le développement des assurances vieillesses de MALAKOFF MÉDÉRIC ? La 5eme semaine de congés payés ou bien la remise en cause des 35 heures?
Et pour les strasbourgeois : Devoir sortir leur poubelle, quel que soit leur âge ou leur autonomie, est-ce un progrès ou une régression ? Pour les touristes français ou étrangers, devoir se retenir 15 minutes de plus pour aller aux toilettes parce que certaines ont été fermées, est-ce un progrès au niveau du confort ou une régression ? Et pour nous, voir les tas de dossiers qui s’accumulent sur nos bureaux parce que notre ancien(ne) collègue n’est pas remplacé, est-ce un progrès dans nos conditions de travail ou une régression ? Le discours unique distillé par nos dirigeants, le Think tank comme ils l’appellent, est destiné à nous enfermer dans une logique où le progrès passerait par la fin du service public, et par le tout individuel avec une sélection par l’argent. Avec le FRIC, vous pourrez épargner pour votre retraite. Avec le FRIC vous pourrez envoyer vos enfants en faculté. Avec le FRIC, vous pourrez utiliser les bains romains pour vous détendre. Sans FRIC, vous n'intéresserez plus personne...ce sera NO FUTURE !
Pour la CGT, le service public et les agents qui le rendent, ne font pas de sélection par l’argent. Mais réservent leurs bienfaits à tout le monde. Alors, réfléchissons bien avant d’accepter cela parce qu'après on ne pourra plus revenir en arrière et alors, à ceux qui n’ont déjà pas grand-chose, il ne restera vraiment plus rien !