Dans les DNA du 2 juillet dernier paraissait un éditorial intéressant écrit par Didier Rose et qui évoquait la baisse des allocations familiales pour les ménages aisés.
Ce texte avait le mérite de sortir le débat des sentiers bat-tus et de présenter cette mesure sous un aspect qui devrait toutes et tous nous interpeller car selon lui, ce faisant, nous acceptons la naissance d’un nouveau principe :
la France module sa politique nataliste en fonction des revenus des bénéficiaires. Il écrit: " Pour apaiser les esprits et faire « de gauche », le gouvernement invoque une mesure de redistribution sociale. Faux. Il s’agit de faire des économies. Non de transférer les montants épargnés des classes supérieures à celles plus modestes". Mais ce n’est pas qu’un acte de gestion des déficits publics.
En créant une proportionnalité des allocations, l’État an-nonce pour la première fois qu’il n’a plus les moyens de ses ambitions démographiques. Les dépenses d’éducation – premier budget national ! –, de santé, de loisirs, d’équipement que suppose un accroissement continu de la population ne sont plus tenables dans le système économique à venir. La natalité, qui fut une source de croissance et le pilier des régimes de répartition (les retraites, par exemple), déséquilibre les dépenses de la collectivité. Aucun politique n’osera le dire.
Dans un monde qui détruit plus d’emplois qu’il n’en crée, où les coûts médicaux, de l’âge, de l’accompagnement social explosent, un État comme la France ne peut plus soutenir sans compter sa courbe des naissances. Les ménages les plus aisés sont les premiers à faire les frais de la fin de l’universalité des incitations familiales. La sur-prise est grande, l’effet désagréable pour les allocataires. Simple début. Lorsqu’il aura été admis que la solidarité passe par une modulation des aides, la chasse sera ou-verte dans le maquis des prestations sociales.
Bien optimiste celui qui se voit gagnant dans ce grand safari comptable.
Pas faux ! Surtout lorsque le gibier, c'est nous !