Rien n'est joué. Les élus continuent de s'obstiner à vouloir privatiser à tours de bras, mais la résistance des agents s'organise. La CGT est à leurs côtés, à chaque
fois qu'ils le souhaitent, comme cela a été le cas à l'école STOSKOPF, où une vraie convergence s'est construite entre agents avec la CGT, enseignants et parents d'élève.
Bien sur, certains agents que nous rencontrons, considèrent qu'ils sont isolés dans leurs écoles et à ce titre se sentent abandonnés, et pensent que tout est perdu, qu'il est trop tard...
La CGT, avec une grande majorité d'autres agents leur disent NON! Il est au contraire plus utile que jamais de s'opposer à ces privatisations qui dégradent la qualité du service public et les conditions de travail des agents du privé comme du public.
Le lien entre toutes celles et tous ceux qui pensent être seuls, c'est justement la CGT.
La CGT considère qu'il existe des armes pour se défendre. L'expertise indépendante demandée par les élus du CHSCT est édifiante. Les privatisations, mais également la nouvelle organisation à la DEE a des conséquences catastrophique sur la santé et les conditions de travail des agents.
Ensemble nous devons amener les élus à prendre leurs responsabilités en ce domaine.
Nous n'accepterons pas que les agents fassent les frais de décisions qui n'ont d'autre but que de réaliser des économies et de casser l'emploi public et la qualité du service public.
Les agents de l'école STOSKOPF ont donné l'exemple...
La CGT se bat pied à pied contre la politique destructrice des élus..
A chacun de prendre sa place dans ce combat, qui ne fait QUE commencer.
Ce que contient ce rapport concerne chacun d'entre vous, vos conditions de travail, votre santé, votre avenir. La restitution de l'expertise par le Cabinet Aliavox se fera en trois fois : 1 réunion pour chaque territoire patrimoine (et comportant les 2 territoires périscolaires). Les dates seront définies en CHSCT. A la suite, la CGT organisera par ailleurs des réunions d'informations syndicales pour tous les agents.
De manière rapide, que dit cette expertise remise aux élus et au CHSCT
Pour rappel, cette expertise a été demandée par les élus du personnel au CHSCT et cela n'a pas été chose facile. Il aura fallu à nos élus une ténacité qui frise l'obstination pour obtenir la mise en place de cette démarche.
On comprend mieux maintenant que ce travail a été réalisé, pourquoi les élus et la Direction Générale s'y opposait autant.
Il ne nous est pas possible de présenter de manière complète le travail des experts d'ALIAVOX en 4 pages.
En effet, le document remis, présente 224 pages.
C'est un véritable travail d'orfèvre qui nous a été remis. TOUS les métiers, toutes les situations concernant l'ensemble des agents, de leur travail, de l'organisation au travail, du management, du dialogue ont été passés au crible et il apparaît de manière générale que la situation en termes de santé et de conditions de travail est plus que préoccupante.
Des exemples précis, des témoignages d'agents, de syndicalistes, apporte un éclairage nouveau sur ce que vivent réellement les agents au travail, sur le malaise profond qui s'y est installé, sur le désintérêt des élus pour les agents et leurs préoccupations réelles qui sont ailleurs.
Sur la complaisance de certains managers avec la politique engagée pour les élus etc...
Ce document, fruit d'un travail de fourmi, d'une richesse absolue, doit être connu de tous. Il doit permettre aux élus du CHSCT de s'en saisir pour obliger les élus à faire face à leurs responsabilités face à la souffrance des agents. Il doit encourager les organisations syndicales à continuer, sans fléchir, à placer la santé au travail au centre de leurs préoccupations.
Il doit enfin et surtout conduire les agents à se déculpabiliser et à exiger que leur santé soit considérée comme prioritaire par leur employeur.
Quelques extraits du document:
Sur la réorganisation de la DEE "On retiendra que la réforme de 2011 a laissé quelques traces pour certains agents comme les RPS ayant en charge l’ALM, qui vivent majoritairement une perte du sens du travail, qui ont le sentiment que leur collectif d’appartenance est éclaté que leur métier ne leur permet plus de se concentrer sur l’écoute de l’enfant et des familles. L’externalisation de l’entretien au motif de son moindre coût inquiète les agents d’entretien qui se sentent stigmatisés et disqualifiés, tandis que leurs collègues concierges ou RPS indiquent que l’externalisation n’est pas très performante au plan de l’hygiène".
Concernant les externalisations: "Confidence, puisque des informations sont données informellement par exemple sur le pourcentage des activités externalisées ou le nombre de postes concernés ou encore « la vague », et ne peuvent pas être imputées à celui qui les émet car il n’y a pas de traces. L’un parle de 2° vague, mais personne ne peut certifier s’il y aura une 3° vague. Expertise CHSCT n°15-007 - DEE - novembre 2015 183 La communication est « publique » puisque les « confidences » sont adressées à ceux qui sont là pour les entendre, mais les motifs et calculs qui justifient cette externalisation restent difficiles à discuter car peu accessibles, voire carrément obscurs pour le non-initié. Ce caractère paradoxal de la communication autorise de dire que les raisons de l’externalisation sont liées au coût de main d’œuvre ou à l’importance de l’absentéisme, sans que l’on puisse avoir des données précises pour comprendre les fondements de telles décisions".
Sur le travail réel des agents: "Comme le fait si justement remarquer cet agent, le travail ne se résume pas à de l’activité visible : « Ma responsable, elle veut des temps d’activités visibles ; mais on déborde. Par exemple on n’a qu’1h30 au centre de loisir, donc on prépare à la maison et ça ne se voit pas » (Animatrice) Le travail réel c’est premièrement faire pour arriver au résultat malgré les absences, la surcharge ou la fatigue, même si l’activité n’est pas plaisante « Ce qui me pèse c’est les tableaux, je ne suis pas opposé à le faire, mais priorité aux enfants, mais je fais les tableaux aussi » (Agent).
Sur les situations de stress: "La troisième tendance concerne l’intensité du travail qui augmente et crée des situations de stress pour les agents. L’intensité dépend des objectifs assignés parfois difficiles à atteindre, des moyens alloués souvent insuffisants des interruptions fréquentes donnant un sentiment de dispersion, des contraintes de temps fortes et un haut niveau de responsabilité. Ainsi définie, la plupart des agents de la DEE ont un travail intense et les agents l’expriment en terme de « stress », c’est à dire de réactions face à l’agression du milieu de travail".
ou encore: "La plupart des agents attestent vivre souvent dans une situation stressante : nous l’avons détaillé pour les RPS, mais aussi pour les ATSEM, les AR en pic d’activité, etc., les animateurs au regard de la sécurité des enfants. Expertise CHSCT n°15-007 - DEE - novembre 2015 185 Ils parlent de postes non remplacés, mais aussi d’absence de courte durée, les amenant dans les deux cas à prendre en charge le travail de la personne absente". Sur le travail relationnel, les contraintes émotionnelles:
"à peu près tous les agents sont confrontés à de fortes contraintes émotionnelles dans leur travail du fait de l’interaction entre l’agent et le bénéficiaire qui convoque la subjectivité des parties en présence ou bien du fait des relations avec les collègues ou la hiérarchie. Les agents sont soumis à des contraintes émotionnelles auxquelles ils ne peuvent pas déroger. C’est l’inquiétude des parents sur la journée de leur enfant et la demande d’explication sur la blessure de l’enfant, qui se termine en ce cas par une menace du type « Je vais en parler à votre supérieur » (animateur) ; Ou bien la déception, détresse et agressivité des parents à l’accueil, lorsqu’ils n’obtiennent pas l’activité de loisir ou la 2° langue qu’ils escomptaient, assorties de menaces en provenance du bénéficiaire. Mais ces contraintes émotionnelles ont aussi des origines internes comme les relations avec la hiérarchie ; cet animateur observe que « l’on se croise, sans échanger un mot car elle [RPS] n’a pas de temps » ou bien qui ajoute « Certains RPS disent ne dites pas ça aux parents, on doit mentir sur tout ; dès qu’on a la possibilité de parler de dire aux parents, on est convoqué par notre chef »".
Sur l'insuffisance de la reconnaissance:
"La reconnaissance, c’est une attente de considération ou un sentiment que l’on prend en considération, sa contribution tant au niveau du travail que des valeurs auxquelles ils obéissent. Ce déficit de reconnaissance est en partie lié à la dimension invisible de leur travail des concierges, à cette disponibilité permanente. Dans ces conditions, il leur est difficile de faire reconnaître leur action ou d’imputer à leur action la bonne marche des établissements. S’ils ne peuvent pas se reconnaître dans ce qu’ils font, ils peuvent encore moins obtenir la reconnaissance d’autrui".
Sur la santé des agents: "La santé n’est pas un état mais un processus qui suppose de pouvoir s’ajuster au milieu de travail ou de pouvoir ajuster le milieu de travail à son état. Cette possibilité de réguler son activité est inexistante pour les agents. - Premièrement, l’intérêt du métier, le surinvestissement, la surcharge de travail consentie lorsqu’on travaille chez soi le soir, la volonté de bien faire et sans doute un brin de fierté à rendre ce service au public, plonge les agents dans un « sur-régime » qui les conduit à la limite de leur capacité : même l’arrêt de travail n’est pas une porte de sortie pour ceux qui n’en peuvent plus et ne peuvent plus. Nombreux témoignent d’avoir reçu des arrêts de travail de leur médecin, qu’ils renoncent à utiliser par crainte de ne pas être en mesure de reprendre leur activité professionnelle à l’issue de cette période d’absence "
Et puis après le constat, des recommandations, des propositions: (résumées ici de manière très sommaire)
Satisfaire aux obligations légales en matière d’instruction des risques (Actualisation du Document Unique d’Évaluation de risques professionnels et produire un plan de prévention).
Développer des études d'impact sur la santé de toutes les réorganisations
Engager des études statistiques sur l'absentéisme en relation avec la médecine du travail pour corréler pathologie et expositions aux risques professionnels .Ne pas le réaliser, c’est comme casser le thermomètre pour ne pas avoir à prendre la température du patient, donc de prendre le risque de le laisser avec la fièvre et s’étonner que son état s’empire jusqu’à ce qu’il soit contraint d’être arrêté.
Tirer le bilan de l’exécution du programme annuel de prévention précédent.
Désignation ou recrutement d’un Conseiller de prévention et d’un ACFI (articles 4 et 5 du décret 85-603) L’absence de ces deux fonctions au sein de la DEE (Conseiller de prévention) et de la CUS (Agent Chargé de la Fonction d’Inspection) est sans doute à rapprocher des carences réglementaires.
Assurer le respect des agents de la collectivité par tous les tiers et usagers. On a vu que dans un certain nombre de situations, les agents de la DEE, en écoles, ou en accueil, peuvent faire l’objet d’incivilités, sous des formes plus ou moins agressives.
Cellule d'écoute ou chacun puisse s'exprimer, sous le contrôle du CHSCT / avoir la possibilité de rencontrer un psychologue du travail
Traitement de plaintes individuelles et des malaises collectifs
Engager une mesure de la charge réelle de travail dans certains secteurs de la Direction de l’Enfance et de l’Éducation
Au niveau des services : Favoriser la mise en discussion des difficultés de l’activité rencontrées dans le travail.
L’allègement des tâches des RPS pourrait les aider à être en lien plus étroit avec les animateurs et les ATSEM. Il est important que des espaces de mise en discussion des difficultés du travail existent et soient élargis au sein de Strasbourg Eurométropole.
Engager des études statistiques sur l'absentéisme en relation avec la médecine du travail pour corréler pathologie et expositions aux risques professionnels.
Aménagement des locaux et de certains postes de travail.
Renforcer le service médical par des compétences d'écoute clinique.
La mise à contribution des services de psychologues du travail est une impérieuse nécessité pour renforcer le service médical qui n’a pas, à ce jour, de compétences dans le domaine, et dont les médecins du travail ont fait état d’un certain manque de moyens.
Améliorer la communication avec la direction : Mettre en place les modalités d’émission, recueil, traitement des questionnements professionnels et informations au travers de la DEE ....
En conclusion... Venez nombreux à la réunion organisée par la CGT. Nos élus au CHSCT y seront présents. Ils ont besoin de vous écouter, d'échanger avec vous pour mieux défendre vos conditions de travail et exiger des élus qu'ils se saisissent des obligations qu'ils ont vis à vis de vous en termes de santé.
Ce moment d'échange leur permettra d'obtenir des exemples précis, de vécu au quotidien de votre métier etc...
Nous avons, avec cette expertise, un moyen exceptionnel pour changer les cours des choses, pour rendre plus simple votre vie au travail, pour que les agents soient tout simplement respectés et reconnus dans les missions qu'ils accomplissent au service de la collectivité et du public.
Stoskopf
Les agents de cette école ont constaté un déficit du service public après l'externalisation de l'entretien. Ils ont alerté la CGT qui s'est mobilisée. Nous avions dit que le combat continuerait et il continue. Vous aussi, dans vos écoles, avec les enseignants, les parents, constatez lorsqu’il y a des dérives et alertez la CGT. Il n'est pas trop tard pour lutter Pas trop tard pour faire reculer les élus... Pas trop tard pour RESISTER !!