C’est la valeur du point qui déterminera l’âge aléatoire du départ en retraite. Le futur système de retraite fonctionnera par points, et non plus par annuités. Il ouvrira la porte à la capitalisation, c’est sa vocation. La valeur du point sera déterminée non par la solidarité mais par la marche de l’économie au moment de la liquidation espérée de la retraite. A chacun et chacune d’imaginer ce qui se passera si l’économie va mal au moment de son projet de départ en retraite…
L’espace s’ouvre pour la capitalisation, en commençant par les hauts revenus. L’ensemble de la carrière, soumise à des périodes de chômage et de précarité, est prise en compte. Cette carrière à trous va forcément couler le niveau des pensions. C'en serait donc fini de la règle des vingt-cinq meilleures années dans le privé et des six derniers mois dans le public, servant de base de calcul des droits à retraite, ainsi que du nombre minimum d'annuités pour le taux plein. Une perspective effrayante : 90% des pensions vont baisser, du fait des carrières à trous.
Les primes des fonctionnaires prises en compte. Fonctionnaires civils, militaires, et salarié-e-s des régimes spéciaux vont voir l'intégralité de leurs primes prises en compte pour le calcul de leurs droits à la retraite. Un changement profond. Aujourd'hui, seule une petite partie est convertie, via le régime additionnel de la fonction publique (RAFP). Les agent-e-s qui ne touchent pas ou peu de primes, comme les enseignants, seront-ils pénalisés sur leurs pensions ? Ceux qui ont une forte proportion de primes verront-ils leurs cotisations monter en flèche ?
Des droits familiaux dès le premier enfant… Le nouveau régime permettrait, dit le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, peut-être d'embarquer de nouvelles solidarités. Traduction ? Des points seront accordés pour chaque enfant, dès le premier. Aujourd'hui, les mères bénéficient de majorations de durée d'assurance dès le premier enfant, et les deux parents d'une bonification de leur pension à partir de trois enfants.
Une pension minimum…Au-delà du mécanisme de minimum vieillesse, dont l’existence n’est pas garantie, les Français ayant travaillé toute leur vie à temps partiel ou avec des revenus modestes pourraient bénéficier d'un minimum de pension.
L’âge minimum avec prise en compte de la pénibilité, l’un des gros mensonges du haut-commissaire Jean-Paul Delevoye qui a redit que la retraite resterait à 62 ans. L’«âge pivot » (63 ans ?), en deçà duquel une décote sera appliquée, aura pour conséquence inévitable, un départ à la retraite plus tardif.
Les départs anticipés dans le brouillard… Sur l'avenir des départs anticipés (régimes spéciaux, carrière active dans la fonction publique, etc.), la question, très sensible, serait abordée lors de la deuxième phase de concertation. Le régime permettrait « de prendre en compte les spécificités de certaines situations (carrières longues, métiers pénibles ou dangereux, handicap...)
Le gel des pensions confirmé, Le besoin de financement du système de 4,5 milliards d'euros en 2022 devrait être résorbé grâce au
gel des pensions en 2019-2020. L’« instabilité permanente » qui s’en suivra, avec un point qui fera le Yo-Yo pour éviter tout déficit annuel. Jean-Paul Delevoye a confirmé qu’il préfère s'adapter à la conjoncture. Bref, un système basé sur le hasard de la conjoncture…tout un programme…
En clair ce qui ressort de ce qui a déjà été mis sur la table par le Gouvernement (et on est loin de tout connaître), c’est surtout que les retraites futures sont loin d’être garanties, ni pour ce qui concerne l’âge réel de départ, ni pour le montant des futures pensions !