En boucle sur les chaînes de télé, en gros titres dans les journaux, les médias se déchaînent et le ténor du Gouvernement monte au créneau pour dénoncer la violence contre ce brave DRH de la Société. Et c'est à qui trouvera le mot le plus dur, le plus indigné pour décrire l'horreur vécue par ce pauvre homme..
Et pour les grévistes, pour leurs familles, pas un mot, pas une pensée et pourtant.
Qu'est-ce qui peut pousser des salariés, à exprimer une telle colère?
Combien aura-t-il fallu pour eux accepter d'inquiétudes, de mépris, d'humiliations et de peurs avant d'en arriver là...Sans que personne ne les écoute, sans que personne ne tente de comprendre.
Non, là n'est pas l'essentiel dans le monde des PDG, des dirigeants des entreprises, ni même de nos ministres...Ce qui est essentiel c'est , la productivité, c'est amasser encore plus de milliards, c'est les montants faramineux des retraites chapeaux jetés avec cynisme aux yeux de ceux qui n'ont plus d'emplois, plus d'espoir d'en retrouver, plus d'espoir de pouvoir un jour reconstruire des projets de famille. Et puis, la trahison de ceux qui avaient été élus pour "combattre ces injustices " et le monde de la finance et qui protègent aujourd'hui ses intérêts, à grands coups d'argent public.
Alors s'il vous plait, messieurs les bien pensants, les indignés occasionnels et sélectifs. Mettez là en veilleuse.
La CGT sait discerner la légitime défense de la violence ordinaire et elle ne condamnera pas ce qui s'est passé. Quoique vous écriviez, au delà de vos cris d'orfraie et de vos larmes de crocodile, on saura toujours ne pas confondre les victimes et les bourreaux.
Et nous vous mettons en garde, cette violence que VOUS et vous seuls nourrissez depuis des décennies va un jour vous exploser à la figure...Peut être même que cela a déjà commencé.